L'église du Vaulmier
Zoom sur la vallée > Le Vaulmier

Il y avait au Vaulmier un château qui existait en 1494 puis en 1540 était possédé par Artaud d’Apchon et plus tard par la maison de Chabannes.

Il devait être situé près de la chapelle qui en était une dépendance et dont on a fait l'église paroissiale. Elle avait été consacrée en 1279 par Guy de la Tour, évêque de Clermont sur la demande de Guillaume Comtour d'Apchon.
Elle fut visitée en 1298 par Jean Aycelin, évêque de Clermont et en 1755 par le célèbre Massillon. Le seigneur en nommait le chapelain. Elle était sous l'invocation de Notre Dame (l'Assomption) et de Saint Ferréol (18 Septembre), patron de la commune.
(Extraits du dictionnaire de DURIBIER DU CHATELET).

Ci-dessous une vue aérienne du bourg du Vaulmier avec l'église (photo issue de la phototèque des archives du Cantal)


Image title

La chapelle a été restaurée et agrandie en 1853 sous la direction de l'Abbé Chambon avec la collaboration de M. Carriat, architecte départemental.
Elle figure une croix latine, l'abside présente au dehors une forme semi-octogonale.

Un élégant clocher octogone est percé de 8 baies ogivales reliées par une guirlande gothique. Il s'élève au-dessus du transept.

Extrait du livre de Monsieur Pierre MOULIER de CANTAL PATRIMOINE :
« Frédéric de Marguerye, un évêque archéologue dans le Cantal (1837 - 1852) »

Un jeune évêque de Saint-Flour, Frédéric de Marguerye parcoura le Cantal de 1837 à 1852 en délivrant dans chaque paroisse conseils architecturaux et consignes liturgiques modifiant considérablement l’organisation et le décor des églises mais aussi des cimetières…. »

Les archives diocésaines de St Flour possèdent un recueil manuscrit des « ordonnances » de Mgr de Marguerye.
Ces ordonnances étaient envoyées aux curés à l’issue de ses visites.
Ci-dessous compte-rendu de sa visite au Vaulmier le 3 mai 1841 :

Art.1 : Les fonds baptismaux devront être mieux placés.
Art.2 : Les peintures du sanctuaire devront être remplacées par des peintures de meilleur goût.
Art.3 : On conservera avec soin le reliquaire remarquable par son antiquité.
Art.4 : On construira le clocher en tout carrée surmontée d’une flèche.
Art.5 : L’escalier de la chaire devra être établi du côté de la nouvelle chapelle.

  1. Avis : On devrait construire une chapelle au midi.

  2. Le presbytère étant en voie de construction, nous voudrions qu’on y fit une chambre à feu pour le vicaire.

  3. Si l’on fait le clocher au pignon de l’église, on pourrait établir au dessous, une chapelle pour les fonds baptismaux

Commentaires de l’auteur :

Cette église a été presque entièrement reconstruite en 1853.
Le projet date de 1846.
Carriat décrit ainsi l’ancienne construction (celle que Mgr Marguerye a visitée) : une nef avec chœur et abside à l’est; à gauche du chœur, une chapelle et une sacristie; un maître- autel au fond de l’abside; une seule porte « à l’occident sur le côté latéral de droite » (?), le tout mesurant 17,2 x 12 m pour une hauteur de 4,20 m sous voutes.
La nef sera une nouvelle fois reconstruite en 1894.

Enquête de 1851 :

Pavé refait en pierre de tuf (200 francs).Chapelle de la vierge construite au nord, porte d’entrée au sud refaite et placée dans un endroit plus convenable.

A faire :

L’église est dépourvue de clocher, les cloches sont à ras de terre sur la place (les plans sont en train d’être dressés).
Il faudrait refaire le chœur qui est très bas et ajouter une chapelle au sud pour donner la forme de la croix si « appropriée » pour une église. 

Grâce aux recherches effectuées par Messieurs VERDIER et NAVROT, nous avons des détails sur ces modifications apportées à l’église du Vaulmier.

En 1846, la cloche de la chapelle faisait grande pitié : elle était accrochée devant la porte à de vieilles poutres vermoulues et la population, un peu honteuse, aurait désiré que l’on bâtisse pour elle un clocher digne de ce nom.
Le conseil municipal du Vaulmier se saisit donc de la chose et entreprit les démarches nécessaires avec l’appui de l’abbé Chambon d’Espinouze, ancien curé de Souvigny (en Bourbonnais).
La décision appartenait à la Troisième Division des Bâtiments du Culte qui se montra favorable à cette demande et chargea l’architecte Monsieur Carriat de concevoir un projet.
L’année suivante, alors qu’il attendait avec impatience des plans, le conseil reçut d’abord une estimation du montant des travaux. Pour couvrir cette dépense, il décida de créer une imposition extraordinaire de 4 821 francs; le surplus devant être payé par une participation de la Fabrique.
Les premiers plans parvenus, des différents apparurent très vite entre les conseillers municipaux : les uns désiraient que le clocher soit construit à son emplacement actuel et d’autres qu’il le soit là où se trouve maintenant le porche au fond de l’église. Chacun restait sur ses positions, le ton montait et les réunions du conseil tournaient à l’affrontement. Début 1850, pour dénouer la crise, le Maire demanda au Préfet d’intervenir et de trancher en faveur du 1er projet (emplacement actuel), ce qui fut fait.
Cette décision entraîna en août 1850 la démission des 7 conseillers municipaux contestataires.

De son côté, l’architecte Carriat intervint également auprès du Préfet car il en était à son 4ème projet et il désirait qu’une décision soit enfin prise.
Ce fut chose faite le 9 février 1851, et, au mois de mai, le conseil se réunit avec les contribuables les plus imposés de la commune pour faire le point et accélérer le processus, car sur la place, les poutres qui soutenaient la cloche se détérioraient de plus en plus.
Au mois de juillet, le conseil de Fabrique donna son accord sur le projet, mais en même temps regretta de ne pouvoir affecter aucun budget à celui-ci.
Il fallut attendre 1853 pour que des subventions soient accordées.
Dès juillet, les travaux furent adjugés et le chantier put enfin démarrer.
Le 14 juin 1857, il fallut demander une nouvelle subvention car la faiblesse des fondations de l’ancienne chapelle avait entraîné des travaux supplémentaires assez importants. Celle-ci fut accordée et les travaux purent se poursuivre jusqu’à leur terme.
La réception définitive du clocher eut lieu le 18 novembre 1861.

Un grand MERCI à Monsieur Pierre VERDIER pour ces précisions.

Ci-dessous les commentaires de Monsieur Jacques NAVROT que nous remercions également.

Le Vaulmier avait enfin un clocher, mais la nef n’était pas brillante et il fallut attendre 30 ans pour qu’elle soit reconstruite.
Les travaux furent réalisés par l’entreprise Chabrier Père et Fils selon les plans de l’architecte M. Lemaigre et ils se terminèrent en 1895.
Le 31 mai 1896, une bande de terrain fut achetée à M. Fageol pour créer un accès au clocher par les combles au prix de 50 francs.
En septembre 1896, le sculpteur M. Ribes de Fontanges reçut 1 000 francs pour la réalisation du grand autel et, en septembre 1898, il fut payé 1 700 francs pour celle de la chaire et des deux autels des chapelles latérales.
En 1899, le forgeron Dufayet du Vaulmier posa les vitraux de l’église.
En 1913, le forgeron Mathieu de Saint-Vincent remplaça l’échelle de bois qui menait aux combles par l’échelle de fer qui existe toujours, mais en piteux état !

Ci-dessous cartes postales anciennes et photos récentes de l'église du Vaulmier :

C’est ainsi que fut construite notre belle église, qui attire tant de touristes, qui héberge chaque année les expositions et les concerts d’ASPECT, que la Municipalité illumine chaque soir en période estivale et dans laquelle, il arrive encore parfois, mais de plus en plus rarement, qu’une messe soit célébrée.

Nous allons aborder dans d'autres articles l'intérieur de l'église avec ses statues, ses vitraux, les cloches ainsi que la chronologie des curés.