La nouvelle église du Falgoux
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Nous allons maintenant parler de cette "nouvelle église" du Falgoux.

La décision de construire une nouvelle église fut prise le 24 octobre 1898 lors de l’installation de l’Abbé LAVIALLE à la cure du Falgoux
Le 19 avril 1900, le conseil de fabrique, présidé par Pierre FABRE, constate l’urgence de reconstruire l’église paroissiale, l’ancienne tombant en ruine.

Le devis estima le prix de 61 017,30 Francs.
Les fonds furent réunis en 3 ans. La commune donna 32 000 F, l’Etat 8 000 F et une souscription auprès des habitants rapporta la somme de 22 000 F.

La nouvelle église sera construite un an plus tard au nord de l’ancienne église sur un terrain acquis par la municipalité auprès de Monsieur VIDAL par expropriation amiable.

Avant que ne débute la construction, une polémique s’engagea entre le Conseil Municipal, les fabriciens, le curé et l’évêché sur l’orientation de cette église qui ne tenait pas compte des prescriptions canoniques.
Malgré les remarques des autorités ecclésiastiques relayées par le Conseil de fabrique, le chœur de l’église fut tourné à l’Ouest et le porche donna à l’Est où se trouvaient les auberges et café du Falgoux (cafés Vizet, Borne, veuve Lavialle).

Le 1er avril 1903 débuta la construction de la nouvelle église réalisée par des maçons corréziens de Pompadour.


Sur la première photo, on peut voir les ouvriers travaillant sur l'emplacement de l'ancienne église.
A remarquer, en arrière plan de la photo, sur la droite près de l'arbre, la croix qui se trouvait face à l'entrée de l'ancienne église et qui a été déplacée devant l'entrée de la nouvelle église. 

Les deux autres photos, transmises par Monsieur RONGIER, nous montrent la récupération de matériel de l'ancienne église pour la contruction de la nouvelle.

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Ce cliché montre l'église neuve au début de sa construction.

Monsieur Pierre MOULIER apporte les commentaires suivants :
" Il est intéressant de constater que l'architecte (Louis BONNAY de Brive) prévoit alors une élévation de toutes les parties de l'édifice en même temps, ou bien débute le chantier par le portail (la photo ne permet pas d'en décider), au lieu de commencer par l'abside comme on le faisait jadis. C'est là un moyen de consacrer l'église avant de l'avoir achevée, une fois construite le choeur. Mais Louis BONNAY devait savoir que les matériaux et les techniques modernes lui permetttraient d'achever son oeuvre dans des délais beaucoup plus réduits qu'au Moyen-Âge !

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Une autre photo transmise par Monsieur Eugène FABRE nous montre les ouvriers en pleine action lors de la construction du clocher.

D’allure néolithique, l’église « forme une croix latine, se terminant à l’Ouest du côté du chœur par une abside à 3 pans coupés et du côté opposé par un porche surmonté d’un cloché carré avec contrefort qu’éclairent quatre fenêtres à meneaux (De Ribier).

La construction de cette église va toutefois entraîner des problèmes qu’il faudra résoudre au fur et à mesure.

Le plus important fut celui du dénivellement du terrain. En effet, celui-ci était très pentu vers le sud et il s’agissait de combler le trou entre le plan de l’ancienne église et le plan de la nouvelle église.
Une discussion va s’engager au sein du conseil municipal. Messieurs FABRE, SERRE et LAVERGNE (le maire) vont proposer de réaliser un véritable terre-plein entouré de murs de soutènement avec un escalier d’accès du côté de l’ancienne église. Les autre conseillers, Messieurs GRANIER, VIZET Joseph, BORDERIE Jean-Marie, ANDRIEUX et VIDAL Pierre-André sont pour réaliser une véritable rampe d’accès permettant aux voitures de circuler. Ceci entrainerait une augmentation de la hauteur du mur de soutènement de la nouvelle église en moellon piqué et de ce fait, un surcroit de prix.
Cette dernière proposition sera validée après un vote.
Un surélèvement des murs de soubassement de l’Eglise ayant été réalisé, il a fallu « pour donner accès à l’entrée de l’église » faire un remblai pour la somme de 440 Francs, excédent à prendre sur la vente des matériaux de l’ancienne église (source délibération municipale).
De même, il est décidé de réaliser un plancher armé pour combler le vide à l’intérieur de l’église plutôt qu’un terrassement intérieur pour 2 500 Francs.
La vente des matériaux de l’ancienne église, qui a permis de financer les travaux imprévus, a représenté 5 000 Francs (estimation de l’architecte).
Deux baraques situées en face de l’entrée prévue de la nouvelle église gênaient la circulation des chemins établis aux environs et se trouvaient sur la « nouvelle place publique ». Le 20 juillet 1903, le conseil municipal décida de les abattre. 

Toute la population va participer à la construction de cette église par des aides en fonction de leurs moyens.
Ainsi, Jean-Marie LAPEYRE, fermier du Falgoux et Antony LAPEYRE, fermier du Vizet, vont accepter de transporter 30m3 chacun de sable pris dans la carrière du Rouffier (soit un don de 120 F chacun).

Lors de la construction, on pense aussi à l’agrémenter après qu’elle soit terminée.
Ainsi, en septembre 1903, le conseil municipal va accepter de donner 300 F pour l’achat d’une nouvelle horloge et il autorise Monsieur Jean-Marie BORDERIE, qui doit aller à Paris à « ouvrir une souscription qu’il présentera lui-même aux « compatriotes habitant la grande ville ».

En septembre 1904, enfin, les travaux sont terminés.
Le premier dimanche d’octobre 1904, le chanoine CHYRIER, curé doyen de Salers et l’abbé LAVIALLE, curé du Falgoux procèdent à la bénédiction de la nouvelle église Saint-Germain.Nous supposons alors que les 4 cloches de l’ancienne église, sans doute en place dans le nouveau clocher, ont dû sonner à toute volée et retentir dans la vallée du Mars.

Lors du centenaire de cette église, Monsieur Anthony CHAMBON concluait :
"En six années, de 1898 à 1904, la commune du FALGOUX a relevé un défi.
D’un commun élan, le croyant et l’incrédule, le clerc et le laïc se sont accordés pour une réalisation conduite alors que grondait l’orage de la séparation de l’Eglise et de l’Etat intervenue en 1905. Leur fierté est légitime et nous, leurs héritiers, devons garder la mesure dans toute appréciation.
Avec le recul d’un siècle, notre sensibilité pourrait nous porter vers d’autres choix ou des jugements lapidaires. Mais, sachons être modestes et nous souvenir qu’au XIXème siècle, la religion du progrès autorisait toutes les audaces. Cette église, est l’une des premières dans laquelle des bâtisseurs ont intégré le béton armé. En ce sens là, elle est également historique.
Et nous ne pouvons que reconnaître la qualité des pères de cet immense chantier au premier rang desquels, les maires BORDERIE Cadet (1896-1900) et Emile LAVERGNE (1900-1908).
"

Vous trouverez ci-dessous des clichés de cette "nouvelle église" sous forme de cartes postales très prisées des collectionneurs :


Sur la premère photo issue de la photothèque des Archives du Cantal, à gauche, en contrebas de l'église, on distingue la maison d'Eugène MAISONNEUVE (détruite aujourd'hui).
Le 2ème cliché est une carte postale anciennequi montre l'église vue de l'ancienne place avec la même maison citée ci-dessus (détruite aujourd'hui).
Enfin, une carte postale ancienne montre des paroissiens qui font la pause devant leur église. On distingue également la fontaine toujours présente de nos jours.