La vie quotidienne autour du cantou
La vie quotidienne > Coutumes et traditions

Allumer un feu est facile aujourd'hui avec des allumettes et un peu de papier.

A la fin du XIXème siècle, le papier était rare et les allumettes étaient un luxe. Les gens modestes s'évertuaient donc à garder le feu allumé. C'était le seul moyen de chauffage et de cuisson des aliments.

Image title


La vie était commandée par le feu qui apportait la chaleur mais également la lumière. Souvent la porte restait ouverte car elle éclairait autant que la petite fenêtre et créait aussi un courant d'air nécessaire au tirage de la cheminée.

Les braises alimentaient les chaufferettes sur lesquelles on posait les pieds ainsi que la bassinoire que l'on passait entre les draps des lits enfermés dans les alcôves.
La cendre était récupérée pour la lessive du linge, le récurage des chaudrons et des bassines.
Le coffre à sel servait de siège.
Les chenets en fer forgé soutenaient les buches.

Image title


Les fourneaux ne sont pas connus dans nos campagnes avant le XXème siècle. Alors, la cuisine se faisait dans l'âtre, sur les charbons à l'aide de divers ustensiles : marmites en fonte ou enfer, chaudrons suspendus au-dessus des flammes à la crémaillère, casseroles, poêles...

Prolongeant la cheminée, se trouve la souillarde avec des niches permettant de ranger les ustensiles.

Image title


L'aiguière est le point d'eau servant au lavage des légumes et de la vaisselle.

Les poutres apparentes étaient encombrées de saucissons, de jambons ou de lard jauni.
On y suspendait également le serpentin de papier collant destiné à attraper les mouches (pas très esthétique mais efficace).

C'est aux solives que venaient s'accrocher la lampe à huile remplacée par la suite par des suspensions électriques.




LES VEILLEES AUTREFOIS

Image title


Jadis, la télévision n'existait pas et les veillées étaient là pour le plus grand plaisir des gens. On se réunissait à tour de rôle chez lun ou chez l'autre.
On se rassemblait autour du cantou, la seule lueur de l'âtre éclairait l'assemblée. On faisait parfois griller des châtaignes que l'on arrosait avec du vin chaud, du cidre ou des tisanes.

Puis, venait le temps des conteurs et les histoires de diables ou de loup-garou.
Les hommes pouvaient fabriquer des paniers ou des râteaux et les femmes filaient la laine ou le chanvre.


C'était des moments privilégiés où la chaleur n'était pas seulement celle des grosses bûches flambant dans l'âtre mais également ce sentiment joyeux d'être au sein d'une communauté attentive et aimante. Les aînés parlaient, partageaient, racontaient le passé, les aïeux et leur vie, les anecdotes qui retraçaient l'histoire du village pour évoquer des faits étranges ou mystérieux survenus dans des temps lointains, rapportés génération après génération. Les voix baissaient, murmuraient même.

Un peu effrayés, tout en caressant chien ou chat, on se réconfortait en mangeant de bonnes crêpes de Sarrazin et en croquant les châtaignes chaudes et moelleuses, ou quelques noix. Le cidre ou le vin chaud selon les âges les accompagnaient.

A travers tous les récits où se mêlaient l'histoire familiale sur des générations, celle du village et ce fond bruissant des contes de la région, la mémoire se transmettait et perdurait à traversles âges.