La paroisse du Falgoux à la veille de la révolution française
Zoom sur la vallée > Le Falgoux

A la veille de la Révolution, suivant la signification donnée au mot "feu", la paroisse du FALGOUX compte 88 ou 60 feux;dans le 1er cas, on désigne le nombre de familles parentales, et dans le 2ème cas, les maisons.

Dans une même maison pouvaient vivre plusieurs générations.
Ainsi, dans la maison dénommée "chez Chenet", au VIZET, vivaient le grand-père Jean BERGERON dit « Chanet » veuf de Marianne VIZET,son gendre et sa fille Joseph SABATIER et Jeanne BERGERON et sa petite-fille Jeanne SABATIER mariée à Antoine PAGES.

A la même époque, le curé Louis RIGAL avait la charge de 700 paroissiens répartis dans les divers villages et hameaux sur un territoiredont l’étendue est estimée à 2 lieues.

C’est vers le Xème siècle, semble t’il, que la paroisse s’est constituées autour d’un prieuré dépendant du monastère de Mauriac.
La légende raconte qu’une grande Dame s’étant trouvée de passage au Falgoux, alors que ce lieux n’était encore qu’une sombre forêt vierge, fut attaquée par une sorte de monstre; Elle eut si peur qu’elle supplia la Vierge de la délivrer, lui promettant en action de grâce, debâtir une église à l’endroit même où sa puissance se serait manifestée ; et ce serait là, l’origine de l’ancienne église du FALGOUX.
(Cette légende aurait été recueillie par l’Abbé Rouchon, en 1920).

Le Docteur De Ribier situe le sanctuaire primitif au lieu de Neyrestan. Cet endroit fut à l’origine aussi d’une famille qui donna plusieurs noms qui s’illustrèrent durant le Moyen-Age.
L’un de ses membres, Hugues de Neyrestan qui était prieur au monastère de Mauriac en 1131, signa la donation que l’évêque de Clermont fit du prieuré du Falgoux aux moines bénédictins de Mauriac.
Le prieuré et la présence d’un seigneur permet le défrichage et l’installation de paysans qui vont former les villages et les hameaux. L’église fut transférée au centre du bourg au XIIème siècle.

En 1789, la paroisse est composée de 14 villages et 7 hameaux. Le bourg est nommé « l’église ». Il est situé pratiquement au centre de la paroisse, sur un plateau à 930 mètres d’altitude, sur la rive droite de la rivière de Mars. Le Mars qui a pris sa source sur les pentes Ouest du Puy-Mary, coule d’Est en Ouer, recevant plusieurs ruisseaux en traversant l’étendue de la paroisse (Loudeyre, ruisseau de Besse…).

Villages et hameaux

Le bourg (l’église)  La Marrethie (v)  Besse (v)  Vizet (v)  Neyrestan (h)  Le Bosvieil (h) Le Coin (v) Fontolive (v)  Escaires (h)

Le Meynial (h)  La Franconèche (v)  Le Cher Soutrou (v) Rochemonteil (h)  La Pebrerie (v)  La Michie (v)  Le Cher Soutro (v)

La Jarrige (v)  Lacombe (h)  La Chaze (v)  Le Taoul (v)  Le Salins (h) 

v = village composé d’au moins 2 maisons
h = hameau, ne comportant qu’une seule maison

Les différents villages et hameaux sont reliés entre eux par des chemins de terre, souvent creusés de ravines, parfois impraticables à la mauvaise saison. Ces chemins sont bordés de noisetiers, frênes, voir de hêtres. Parfois des murs de pierres sèches avec leurs ronciers les délimitent.

La paroisse et ses habitants jouissent d’une charte de franchise depuis le Moyen-Age qui a été à plusieurs reprises confortée par différents traités avec leur seigneur, en particulier en 1295 et 1302. (source : Dictionnaire statistique du Cantal).

Jusqu’en 1788, l’assemblée des habitants, ou corps commun, nomme pour le représenter, deux consuls par an. Ceux-ci ont aussi le rôle ingrat de collecteurs d’impôts.

Liste des consuls du Falgoux

1762 : Amblard VIDAL (La Peubrélie) et Pierre RONGIER (le Vizet)
1763 : Jacques GAILLARD et Jean LAVIALLE
1764 : Jeanne SOUBAYRON (Besse) et Guy LACOMBE (La Chaze)
1765 : Jean SARRET et Jean SABATIER
1766 : Jean CHAMBON et François ROCHE
1767 : Antoine BERGERON et Pierre BESSON
1768 : Jean BERGERON et Antoine VEISSIER (La Chaze)
1769 : Jean MALEPRADE et Jeanne BERGERON (La Franconèche)
1770 : Gobert PEBREL et François VIZET (Le Coin)
1771 : Jean BERGERON dit « Jammes » et François GAILLARD (Cher Soubro)
1772 : Antoine VIDAL (La Chaze) et Michel CHAVAROC
1773 : Jean et François RANCILLAC et Antoine GIBERT
1774 : Antoine VIZET (La pébrerie) et Jean LAVERGNE (Rochemonteil)
1775 : Jacques CHANUT (le Coin) et Michel FERRAT
1776 : Géraud REY (La Jarrige) et Antoine VIDAL (La Pebredie)
1777 : Pierre VIDAL (La Michie) et Jean FONTOLIVE
1778 : Antoine FABRE (Le Meynial) et Jean VIDAL (La Michie)
1779 : Bernard CHAUVEL (Salins° et Géraud GAILLARD (le Taoul)
1780 : Jeanne et François RONGIER (Escaire) et Jean BERGERON (Cher Soutro)

Un syndic composé de 2 membres est élu chaque année par le corps commun, pour un an, depuis 1754 à l’instigation de Jean GAILLARD,alors curé de la paroisse. Ce syndic est destiné à «recevoir les reinages, terrages et agir dans l’église paroissiale et de sefaire payer comme il est d’usage dans le diocèse ». De plus, il s’occupe de la gestion du bois Mary.
A la fin du mandat, le syndic fait approuver sa gestion par le corps commun.

La paroisse dépend de la seigneurie d’Apchon qui appartient depuis le 15 septembre 1787 à M. François Ferrière, Marquis de Sauveboeuf qui l’a achetée au Marquis de Chabanne. En fait, le seigneur d'Apchon n’a "aucun fond d’héritage ou bâtiment" dans la paroisse du Falgoux. Il reçoit une "directe", qui pour le Vaulmier, St Vincent et le Falgoux, consiste " en argent, la somme de 222 livres 5 sols,en blé, froment 13 setiers 2 quartons mesure de Salers, en seigle 175 setiers 3 quartons, même mesure, en avoine aussi même mesure, 64 setiers un quarton" (source : archives du Cantal 353 F 1).

Les relations entre le seigneur et la communauté d’habitants du FALGOUX sont conflictuelles. Le XVIIème et XVIIIème siècles sont émaillés de nombreux procès qui concernent, pour la plupart, la propriété du Bois Mary.
Le seigneur d’Apchon ignorant les chartes anciennes, réclamait des cens sur ce bois. Mais par divers jugements, la communauté d’habitants fut reconnue propriétaire de celui-ci.

Située au Nord-Ouest de la Haute-Auvergne, au fond d’un cirque glaciaire, au milieu d’une forêt de hêtres et de sapin, la paroisse du Falgoux dépend sur le plan administratif de la Basse-Auvergne.

Dans le domaine religieux, la paroisse, dépend du monatère de Mauriac et relève de l’Evêque de Clermont-Ferrand. Elle appartient à la généralité de Riom, reliée à celle-ci par la sub-délégation de Mauriac. En matière fiscale, elle dépend aussi de l’élection de Mauriac.

Sur le plan judiciaire, la paroisse ressort du baillage royal de Salers. Toutefois, le seigneur d’Apchon a une justice locale rendue par le bailli du Vaulmier, qui est, pendant la 2ème moitié du XVIIIème siècle, Maître DOLIVIER, notaire.
En fonction de l’importance des causes jugées et des appels, les jugements comparaissent, soit devant la justice locale soit devant le baillage de Salers, soit à Riom et en dernier appel, devant le Parlement de Paris.

Cet important imbroglio adminitro-politico-judico-religieux ne gêne en rien les habitants de la paroisse. Leur vie de tous les jours dépend principalement des conditions géographiques et climatiques.
"Cette paroisse est entourée de toutes parts, par les plus hautes montagnes d’Auvergne, la neige peut y rester plus de 6 mois, et des voies de communications.
Leur niveau de vie est variable, dépendant de la profession mais surtout des compétences et des facultés d’adaptation.