Les migrations dans la vallée du Mars
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On ne quitte pas son pays natal ou sa région sans raison. La pauvreté de certains terroirs et les besoins des villes expliquent la création de véritables courants d’hommes.Nos zones de montagnes aux conditions de vie difficiles sont de grandes réserves humaines. Il y a d’un côté la fuite de la misère mais aussi l’appel de la richesse.

LA DUREE

On peut constater différentes sortes de migrations : les migrations saisonnières liées aux activités rurales, les migrations pluriannuelles (on revient quand on a gagné assez d’argent), les migrations viagères qui supposent l’idée d’un retour, après 10 à 30 années d’absence etune installation permanente dans la région d’accueil). Enfin, il y a les migrations définitives dues à la fixation des héritiers dans le pays d’accueil. On ne revient plus au pays que pour les vacances.

PARTIR POUR QUOI FAIRE ?

Les chemins migratoires sont liés aux métiers et à l’époque.
De la révolution jusqu’à 1860 ils suivent 3 axes un Nord-Est, un Sud-Ouest et un Sud.
De 1860 à 1960, l’apparition du chemin de fer va bouleverser les métiers et les destinations.
Bien avant 1789, on trouve trace de migrants originaires d’Auvergne : ce sont surtout les métiers du bois (scieurs de long, sabotiers…) qui, ballots sur le dos prennent la route.

Dès la fin du XVIIème siècle, les cantalous sont « montés à Paris » pour effectuer les travaux durs et fatigants que les parisiens boudaient : L’eau courante n’existait pas encore, et les parisiens en consommaient beaucoup. Ils devinrent porteurs d’eau en leur amenant l’eau à leur domicile. Puis suite aux travaux du Baron Hausmann, les eaux arrivèrent dans Paris et desservent alors les étages. Ils vont alors se convertir en marchands de charbon bientôt connus sous le nom de « bougnats »

Vers l’Espagne, la route de Compostelle a suscité bien des vocations marchandes. Par le chemin de Saint-Jacques, de nombreux cantaliens vont initier nos voisins au goût du pain français et ouvrir des boulangeries en Espagne. Le patois, si proche de l’espagnol, va faciliter les choses. 

Les minotiers vont suivre et introduire en sus le commerce des mulets.

Une autre activité, semble t’il très attractive : les ferrailleurs ou marchands de métaux.
Au XIXème siècle beaucoup de cantaliens ont créé des commerces à Paris.

Une autre profession méconnue de ces migrants est celle des marchands de toiles et tissus.


La vallée du Mars n’a pas échappé à ces migrations.
Elle est souvent appelée la «vallée des ferrailleurs » du nom du métier exercé par les descendants de nombreux originaires de la vallée qui ont émigré à Paris aux alentours des années 1875 à 1890.
Les émigrants de la fin du XIXème siècle étaient en fait les héritiers des négociants charbonniers qui voyageurs itinérants issues des hautes valléescantaliennes, avaient commencé leur implantation à Paris, dans la seconde moitié du XVIIIème siècle ou qui, également, parcouraient les routes du Midi et s’installaient en Espagne.

Nous avons retrouvé la trace de personnes originaires de St Vincent, hospitalisées à l'hôpital Saint- Louis à Madrid.
(source : site http://cantal.liens.free.fr.)
Il est très surprenant de constater, à travers le tableau ci-dessous, qu'il y avait déjà beaucoup de migrants en Espagne à cette époque et nous n'avons la liste que des migrants "malades". Mais cela nous donne une idée de leur situation familiale, des métiers exercés et de leurs conditions de vie (souvent précaires).
Ce tableau peut également apporter des informations "généalogiques" aux "chercheurs d'ancêtres.
Il faut noter que certains noms ont pu être mal orthographiés.

Cliquer ici pour accéder au tableau