Présentation de Saint Vincent de Salers
Zoom sur la vallée > St Vincent de Salers

panneau St Vincent de Salers title

Le Dictionnaire Historique et Statistique du département du Cantal de Jean Baptiste de Ribier du Châtelet en 5 volumes, publié de 1852 à 1857, demeure encore aujourd'hui le document de référence sur la description des villages Cantaliens. Une réédition en 300 exemplaires a été réalisée en 2005.
Voici la description faite de St Vincent :
ST VINCENT DE SALERS est borné au nord par les communes de Moussages et Trizac, à l'est pas celle du Vaulmier, au sud et à l'ouest par celle d'Anglards de Salers.
L’étendue du territoire de la commune est de 2050 hectares, constituée en partie par la grande et profonde vallée arrosée par le Mars, mais également par une autre partie très importante qu’est la planèze qui s’étend au nord, jusqu’au ruisseau du Marilhou.
Vous pouvez voir ci-dessous sur la carte, toute l’étendue de Saint Vincent encadrée en rouge. En clickant sur le tableau, vous obtenez un gros plan et vous pouvez découvrir en détail les différents lieux.
Comme vous pouvez le constater, il y avait de nombreux burons isolés dans la montagne. Nous aurons l'occasion d'aborder l'histoire de ces burons dans la rubrique "Patrimoine".

Plan St Vincent

Un petit rappel, Saint Vincent regroupait autrefois Le Vaulmier et ses hameaux. La cission a eu lieu en 1939 (voir article).
La commune est composée de nos jours, outre le bourg lui-même de villages et de hameau :

  • le village de Bancharel
  • le hameau de Bombarrre
  • le domaine de la Borie (altitude 1116 m)
  • le château de Chanterelle, ancien fief relevant de la baronnie du Vaulmier (voir à la rubrique châteaux)
  • le village de Colture
  • le mas de Condamines
  • le domaine du Coudonnier (cette propriété appartient à Mr Du Fayet de la Tour, le châtelain).
  • le village de la Farge (une branche de la maison Baron de Layac s'y était établie).
  • le village de Meric.
  • le hameau d'Orfaguet
  • le domaine de Roche
  • le domaine de Sarlat.

Pour vous donner une idée, voici le plan cadastral de 1809 où l'on voit une grande partie des villages et hameaux avant d'arriver au bourgde Saint Vincent :


plan cadastral 1809 St VincentImage title


Colture, Bombarre, Meric, le château de Chanterelle (la route actuelle passe pas ces lieux), et de l’autre côté du Mars, Lafarge (ferme « noble » de la famille de Baron de Layac) et Roche (demeure noble qui a appartenu pendant près de deux siècles à une branche de la famille Tournemire d’Estiliol).
Vous pouvez remarquer également la notion de « chemins » dont nous parlerons dans un prochain article car la route principale qui traverse la valléeaujourd'hui, n'existait pas en 1809.

Plusieurs villages ou hameaux existant au moyen âge dans l'ancienne paroisse de Saint-Vincent (qui comprenait les communes de Saint-Vincent et du Vaulmier), ont aujourd'hui disparu. On ignore où la plupart étaient situés. Une ancienne liève du prieuré de Saint-Vincent, fait mention de ces anciens mas :
Le mas Tenetz - Freydavilla - Usmont - La Chaverdia - Las Realas - La Bertrandia - le Bernones - Le Batut -Crosapeyra-Sobrana - Crosapeyra-Soutrana - La Pigeyra - La Ruschieyra - L'Astorgia - La Bourgada - Girazac - Auzeralderas (maintenant Les Aldières), et bien sûr sans oublier les ruines de Coteuge (ou Cotteughes ) voir dans lieux mystérieux.

Evolution du nom de la commune :

En 1267 (Gallia Christina)Sanctus-Vincentius
En 1333 (hommage évèque de Clermont)Sanctus-Vincencius
En 1589 (liève du Prieuré de St Vincent)Sainct-Vincent
En 1617 (Etat civil de Thiézac)Sainct-Vincans
Première république (révolution)Mar
EmpireSaint-Vincent
Depuis 1993Saint-Vincent de Salers

Le vieux pont de St Vincent en arc, appelé aussi "pont Henri IV" (l'origine de ce nom est un mystère non résolu), date du XVème siècle.
Situé en bas du bourg, il passe par dessus le Mars et permettait de prendre le chemin qui montait dans la montagne pour rejoindre Salers dans l'autre vallée.

Le Mars était autrefois un lieu de pêche recherché.
Aujourd'hui, le chemin est devenu chemin de randonnée et sert de passage aux troupeaux.


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LES ROCHES

De tout temps, le problème de la fragilité des roches et des éboulements menaçant la commune, a été posé. De tout temps également, pour se protéger, les habitants se sont servis de la forêt. Mais cela n’a pas toujours été sans difficulté.

Rochelade
(extrait de l’article réalisé par M. Jack ROGER dans la revue « Les amis de St Vincent »)

Rochelade
Ròchalada est un endroit terrible : certaines chutes ne pardonnent pas. Par exemple, dans les années 1930, un jeune instituteur s'était perdu dans la brume du plateau, et il a manqué le chemin pour retourner au village. On a retrouvé son corps en bas de la falaise. Ces 150 mètres de rochers qui menacent le village de ses éboulis ont toujours étés montrés comme une calamité. Pourtant le village s'est installé là car la terre était bonne, et il fallait autrefois cultiver tout ce que l'on pouvait, en dessous du roc. Entre les rochers, on faisait paître les chèvres ou les moutons.

Déjà en 1856, Mr Firmin de la Tour, Maire de la commune, préoccupé par le problème de sécurité, décida le reboisement et n’obtint qu’un vote de six voix contre six. Il faut savoir que les habitants utilisaient les « côtes » pour faire paître leurs moutons et leurs chèvres. Il ne restait plus alors que le communal dit de « Cuze », au pont des Barts, comme pacage.
En mai 1858, on alla même jusqu’à interdire aux brebis d’aller pacager au Cuze. En mai 1861, on ne pouvait conduire que deux têtes de bestiaux dans ce communal. Les plaintes étaient nombreuses et les entorses aux interdictions également. Aussi le reboisement était-il long à réaliser. Le 7 novembre 1875, cette question du reboisement de ROCHELADE était à nouveau à l’ordre du jour, suite à une pétition,signée par plusieurs chefs de famille du bourg. Mais les avis des membres du Conseil Municipal étaient très partagés.


Le détail de ces informations a été trouvé par Mr Jack ROGER qui a épluché tous les comptes rendus des conseils municipaux de la commune.




Le reboisement se réalisa cependant peu à peu non sans peine.

On peut noter, qu’au printemps 1906, la route fut coupée par des éboulements et que c’est à cette époque que fut replantée la section de Lacoste, les animaux allant en compensation paître à « Roche Agude ».Maintenant la forêt a tout envahi, les cultures en terrasse (appelées banc, bancarèl ou bancharèl en occitan) ont disparu et le bocage se réduit. On a des difficultés à imaginer la vallée telle qu'elle était à la fin du siècle dernier.

Beaucoup de roches ont des légendes ou une histoire particulière (L'Òme Negre, le Cusa, les Tremblaires). 

Une autre roche remarquable est la Ròcha de la Vachèira, après le Couderc, à droite, au-dessus des “Couelles”. Elle fait comme une petite caverne. Jeantou FAUCHER raconte que ceux qui étaient gamins dans les années 1930 allaient camper là-bas. Ils y ont trouvé des vieilles poêles et des vieilles marmites. C'était aménagé, ce n'était pas une maison, mais un abri de berger. On dit qu'il y a une cusèira (*), on peut rentrer et s'y tenir presque debout, et il n'y pleut pas. Sur l'autre versant, on trouve la cusèira de Pierre-Jean. C'est une roche un peu carrée, au-dessus du cimetière, où les moutons se mettaient au frais quand il faisait chaud. À sa droite, un peu plus haut, il y a la Ròcha Còncha où il paraît que, pendant la Révolution, des curés allaient dire la messe, ainsi que nous le rapporte Jeantou COUDER...(* Le mot cusèira, comme le nom de la roche du Cuse, est un abri, une grotte).

Extraits du livre de Jean-François MAURY « Contes et légendes de St Vincent de Salers »
On peut y trouver en version française et en patois le détail de toutes ces légendes.

Ci-dessous une galerie photos et/ou cartes postales anciennes sur le bourg de St Vincent.

Ci-dessus 3 cartes postales anciennes représentant le bourg de St Vincent autrefois avec à droite l'ancienne Poste.


Ci-dessus une carte postale ancienne et une photo de nos jours. On peut constater la différence de végétation.


Ci-dessus plusieurs photos du village.