Un vieux métier disparu, le boisselier
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Cet article relate un métier disparu aujourd’hui, celui de BOISSELIER.

En 1974, cette activité était encore pratiquée par Marcel VALARCHER au FALGOUX qui avait repris le métier après son père.


Un reportage a été réalisé en 1974 par Robert VALARCHER.
Parution dans « l’Auvergnat de Paris de Paris-Centre-Auvergne » janvier 1974)
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Ci-dessous, quelques extraits :

"Si quelques toiles d’araignée agrémentent un angle de la boutique, c’est qu’elles aussi, sont des artistes et qu’entre artistes un pacte est toujours tacitement conclu : celui du respect du travail d’autrui ! Bonbonnières, coupes de fruits, plateaux à fromages, surprennentpar leur simplicité, mais telles les églises romanes, recueillent notre admiration, pour leur élégance.... "

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ENTRONS !

Rien ne se faisait à la légère, la coupe de bois se pratiquait à certaines époques.(lune vieille pour le bois tendre, lune nouvelle pour lebois dur, la lune de fin août était la meilleure, le bois reste blanc).
Le bois est toujours préparé à l’avance, souvent coupé en novembre, il repose dans les étangs pendant des années...là il perd sa force,il ne travaillera plus; c’était le cas pour le frêne, l’orme, le hêtre.... »
"Lou bo es esta mau luna" qualifiait un bois qui travaillait ou se trouvait rongé par les vers.

Et, pour donner foi à ses explications :
"Parfois, on retrouve au fond des étangs un vieux bout de frêne changé en pierre. Regarde !"

De derrière une planche, il me montre un morceau de frêne, effectivement aussi dur que de la pierre, mais possédant encore toutes les fibres, toutes les veines, preuve qu’il s’agit bien de bois.

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Tous les outils du père sont là : les crochets derrière l’atelier, la grande roue à aube moussue, figée, appartient au passé.....

Un système de vannes détournait le ruisseau qui, avec son énergie, contribuait au travail de l’homme...

Si les ans burinent le visage, le bras reste sûr, la main adroite.

Un épais tapis de sciure calfeutre les pas, sciure de toute sorte de bois : hêtre, chêne, châtaignier, orme, sapin. 

Quelques machines à bois, un tour, ont remplacé les outils archaïques.

"Les crochets servaient antan à travailler le bois", explique le père.
"Chaque fustier* fabriquait les siens car il était aussi un peu forgeron. Il n’y avait pas d’électricité alors, le travail se faisaitau cantou, au cours des longues veillées, à la lumière des flammes, souvent au couteau...."
Presque tout se travaillait au couteau, même les cercles de chêne qui s’encastraient minutieusement et qui ceignaient de haut en basles gerles de sapin de toute taille : des plus petites pour la préparation de la pâte à pompes jusqu’aux imposantes gerles de 350 litres.
Le fromage se faisait uniquement dans du bois : sceaux, fragnoua, ménague, moules des pièces étaient taillés dans le hêtre, le noyer pour l’abrissou, le sapin pour les gerles.

Nota : * un fustier était un charpentier

Tout le matériel de la ferme était dans le temps fait de bois : les pelles, les fourches, les râteaux en châtaignier, les balais engenêt, les branches de noisetier entrelacées aidaient à la construction des "ridars"(panneaux protégeant les vaches du vent pendant la traite).


Aujourd’hui, tout a disparu... Il ne reste que les souvenirs... grâce aux témoignages.

Merci à Monique VALARCHER pour nous avoir transmis cet article.