Une histoire de famille, les MONTCLAR
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Le château de LONGEVERGNE, le château de la TREMOLIERE (tous deux situés sur la commune d’Anglards de Salers) et le château de MONTBRUN (commune de Méallet) surplombant la vallée du Mars, ne nous sont pas inconnus.
Leur destin, au fil des siècles, sera lié suite à des alliances.
Les sources utilisées pour cet article sont les arbres généalogiques déposés sur Généanet ainsi que les mémoires de M. René SERRE qui habita le château de Montbrun. Il était le gendre de Jules MAISONNEUVE, originaire de St Vincent, qui avait acheté le château de Montbrun après avoir fait fortune à Paris en tant que boucher.


Vers 1500, Luce de Bort (petite fille de P. de LONGUEVERGNE et Hugues de Bort) était Dame de Longuevergne. Sa fille, Jeanne se maria en 1512 avec Guy II (Guinot) de MONTCLAR, Seigneur de Montbrun. Par ce mariage, le château de Longuevergne, son moulin et sa ferme entrèrent dans le patrimoine de Montbrun et y restèrent jusqu’à la révolution (vente à Antoine LAVERGNE).
Leur petit-fils, Guy III de MONTCLAR était seigneur de Montbrun et de Longuevergne. Il fut le plus riche et le plus illustre des MONTCLAR. C’est lui qui acquit les tapisseries de Montbrun devenues les fameuses tapisseries d’Anglards.
Son fils, Jean II de MONTCLAR servit dans la compagnie des chevaux-légers du Marquis de Nerville.
Gaspard de MONTCLAR,fils de Jean II, fut capitaine au régiment de la Reine (voir encadré ci-dessous).
Hercule de MONTCLAR (l’autre fils de Jean II), sans postérité, décéda en 1683 et un inventaire détaillé du château de Montbrun fut établi (voir encadré ci-dessous).
Il transmit tous ses biens à son frère Jean-Charles. Et c’est la fille de ce dernier, Marie-Françoise de MONTCLAR, veuve et sans enfant, qui fit donation du château de Montbrun à son cousin Jean-Dominique de MONTCLAR de la Trémolière à Anglards.
Afin de s'y retrouver dans tout ce méli-mélo familial, voici ci-dessous un "arbre généalogique" qui peut vous aider à comprendre l'histoire de ces châteaux, tous reliés à la famille de MONTCLAR.

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A noter, que Longuevergne devint Longevergne au fil du temps.

Gaspard de MONTCLAR était capitaine au régiment de la Reine quand, en 1652, il fut blessé de 4 coups de feu alors qu’il s’interposait et s’efforçait de calmer les habitants d’Anglards qui s’étaient révoltés.Cette révolte avait commencé en 1635 quand les anglardiers refusèrent de payer l’impôt sur les animaux aux pieds fourchus autrement dit les vaches.Ils malmenèrent sérieusement les sergents et les archers, ce fut « la guerre des sabots » qui dura 17 ans.Finalement, les « carabiniers » d’Anglards durent s’incliner devant l’armée royale. De Montclar écrivit à Louis XIV pour obtenir la grâce des rebelles. Le roi lui répondit le 16/08/1657 lui faisant savoir que seuls les chefs de la rébellion seraient châtiés.
Maître Deydier, notaire dressa le 27/02/1683 un inventaire du château de Montbrun.Il indique la présence de tapisseries de haute lice appendues dans la « salle basse » et de 3 tapisseries dans la chambre du 1er étage.Ce fut Guy III de Montclar, baron de Montbrun qui les acheta à l’occasion de son mariage avec Renée de Chalus, la fille du seigneur de Cordès. Il demanda au tapissier de s’inspirer de dessins représentant les châteaux de Montbrun et de Cordès et de marquer ces tapisseries à l’écu des Montclar (d’azur au chef d’or) et des Chalus (d’azur au poisson d’or en bande, accompagné de 5 étoiles de même, deux en chef et 3 en pointe).C’est la tapisserie aux 2 licornes qui représente les deux châteaux. (il existe une description précise de ces tapisseries).Quand, le 2/11/1756, Marie-Françoise de Montclar fit donation de tous ses biens à son cousin de la Trémolière, les tapisseries furent déménagées de Montbrun à Anglards. Et c’est là qu’elles furent inventoriées, le 6 germinal de l’an II de la République, par le commissaire Croizet, chargé de mettre sous scellés les biens des Montclar, inscrits sur la liste des émigrés.Elles ont aujourd’hui une valeur inestimable mais elles furent longtemps considérées sans valeur et reléguées dans les combles du château, ce dernier ayant été acquis en 1860 par la commune d’Anglards pour en faire un presbytère.. C’est le curé d’Anglards qui découvrit ce trésor.Elles sont classées sur l’inventaire des monuments historiques depuis 1908.